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21 janvier 2011

Lemonade, and Braids offer nice pop atmosphere for Canadian winter

Lemonade 
by Braids (2011)
from the album Native Speaker, released on January, 20th, 2011 

A l'automne 2009, Vincen Moon profitait du festival POP Montréal et captait les prestations de quelques jeunes groupes de la ville. Un bien joli article présenté sur la Blogothèque, dont la richesse ne s'épuise pas. C'est par lui que j'avais tout d'abord découvert les Luyas, beau moment musical dans un café d'Ottawa au printemps dernier. J'avais aussi exploré quelques pages Myspace, déniché quelques titres prometteurs, dont celui des Braids. Voici que sort justement leur premier album, intitulé Native Speaker.

Une pop très atmosphérique, délicatement construite, très progressive et douce, enveloppante. Petits assemblages de batterie légère, vaguement répétitive, minces ondes de guitares. Les voix flottent, féminines, mêlant quelques paroles, de simples notes lancées ici ou là, librement. Tout un jeu de cristal vibre tranquillement, presque fragile, très touchant, gracieux et modestement intense.

Lemonade offre ainsi un exemple magnifique, terriblement accrocheur. J'avais écouté cette chanson au moment de l'article de la Blogothèque, son charme discret s'était doucement glissé autour de moi, mais je n'y avais plus trop pensé. Je l'ai ressorti cette semaine en découvrant la parution de l'album, et la puissance de Lemonade me baigne et me fascine.

L'album Native Speaker s'annonce de plus agréables dans son ensemble, une couette des plus douces pour envelopper l'hiver canadien. Mais avant de m'enrouler dans cette douleur fraîche et chaude, je compte bien profiter du concert des Braids. Ce jeudi 20, le groupe joue à domicile, à Montréal, pour le lancement du disque. Mais, demain, vendredi 21 janvier, les musiciens viendront à Ottawa en voisin, concert fort prometteur dans la petite salle du Mavericks. La soirée s'annonce idéale pour lancer la nouvelle année musicale dans la capitale canadienne.

Braids, en concert avec Long Long Long
Vendredi 21 janvier 2011 - Mavericks, Ottawa, Ontario

1 janvier 2011

Exposition Trajets au CCA de Montréal, fascinante juxtaposition sur le thème des flux et mouvements


Trajets - Comment la mobilité des fruits, des idées et des architectures recompose notre environnement 
Exposition au Centre Canadien d'Architecture - Montréal, Québec
du 20 octobre 2010 au 13 mars 2011

De manière assez surprenante, je n'avais jamais entendu parlé du Centre Canadien d'Architecture de Montréal (CCA). Je commence à bien m'orienter dans la ville, tout du moins dans ses parties centrales et touristiques ; mais je ne connaissais pas ce musée d'architecture. Il est situé sur le boulevard René-Levesque ; schématiquement, il se trouve juste à l'est de l'ancien Forum du Canadien de Montréal, et juste à l'ouest de l'université Concordia : un peu en périphérie du centre ville et de la place des Arts, mais tout de même en plein coeur de l'île.

Un bâtiment plutôt intéressant, c'est tout de même ce qu'on est en droit d'attendre d'un centre traitant d'architecture. Il est principalement formé d'un bâtiment moderne datant de 1989, à deux niveaux, où l'on trouve des salles d'expositions, une vaste librairie, une bibliothèque, un vaste auditorium. Ce long bloc est en C est relié en son centre à une maison plus ancienne, construite en 1874, et classée monument historique. L'intérieur de ce ancienne bâtisse est plutôt dépouillée, offrant tables, chaises ou même poufs pour les enfants ; mais sans comptoir permanent, rien qu'une petite machine à café, en panne lors de mon passage. J'imagine que cet espace peut accueillir différents types de réunions ou activités. Mais il est agréable de voir un tel espace laissé à la disposition des visiteurs, pouvant s'y détendre ou lire ; deux mamans y allaitaient de jeunes enfants lors de ma visite.

Certes, un joli bâtiment, c'est important pour un musée d'architecture, mais le contenu des expositions en fait la vraie valeur pour le visiteur. Et je n'ai pas été déçu par la jolie exposition "Trajets", visible jusqu'au 13 mars 2011.

Le sous-titre assez vaste ne m'avait pas vraiment permis d'imaginer la teneur de cette exposition. "Comment la mobilité des fruits, des idées et des architectures recompose notre environnement" : peut-on faire plus vague, plus insaisissable que de tels concepts accolés ? Un mot sur le livre d'or à l'entrée a piqué ma curiosité : "La plus belle exposition vue en 2010, sans hésitation." Hé bien : cela avait-il été écrit par le fils du conservateur ? Et le message suivant sur le livre d'or ne permettait pas d'en savoir plus : "J'ai adoré les concombres." Bigre.

Le premier mur rend le mystère plus épais, présentant de nombreuses gravures biologiques de noix de coco. Dans un centre d'architecture ? Illustration simple de flux non maîtrisés par l'homme : la noix de coco peut flotter pendant plus de quatre mois sans perdre ses facultés de germination ; une fois fleuri, le cocotier peut se nourrir longtemps du lait de coco. C'est ainsi que le cocotier a peuplé toutes les îles du Pacifique, sans intervention humaine. La mobilité recompose l'environnement sans contrôle prévisible.

Mais dès le deuxième ensemble, c'est un exemple de contrôle extrême qui est présenté : la directive de l'Union Européenne sur les concombres. L'UE exige une faible courbure pour autoriser l'utilisation du terme "concombre de catégorie extra". Une telle exigence a entraîné une culture majoritaire des concombres longs et droits, différents des concombres petits et courbés qu'on peut trouver en Ontario par exemple. La juxtaposition du concombre et de la noix de coco permet de saisir peu à peu l'approche de l'exposition : petits modules, petits exemples très précis, simplement posés côte à côte, sans fil directeur ni message surligné. Au visiteur de construire sa visite, de s'interroger, de faire des découvertes.

Et les découvertes ne manquent pas, les petits assemblages balaient des thèmes d'une variété fascinante. Evolution de l'emploi du terme bungalow, de maison rurale du Bengale jusqu'aux préfabriqués des banlieues US. Flux financiers des émigrés sénégalais en Italie, cause d'une bulle financière au Sénégal. Implantation des Ibis d'Egypte en France. Déplacement des maisons de pêcheurs en Terre-Neuve. Agriculteurs japonais modifiant les techniques de production du riz en Bolivie. Echecs de grands ensembles aux Pays Bas. Impossible de deviner ce que la salle suivante va présenter !

Cela peut être la limite de l'exposition, un balayage de petits exemples sans vrai lien, petit saupoudrage superficiel. Zapping, diront certains : que fait-on de tout cela, où veulent-ils en venir ? Le monde est mobile, mouvant, fait de flux, mais encore ? Mais l'intérêt de chaque exemple est réel, jamais anodin, chaque situation soulevant la curiosité, donnant envie d'en savoir plus : les sénégalais travaillant en Italie fournissent-ils réellement 400 millions de dollar par an pour l'immobilier de leur pays natal ? 

La multiplication de ces petits modules fonctionne en fait comme une transcription physique du surf sur Internet. On peut sauter d'une pièce à l'autre, d'un panneau à l'autre, se surprendre, chercher à approfondir, graver un exemple dans un coin de sa mémoire. L'exposition mime ainsi le rapport contemporain à la connaissance, ludique, décentralisé, à la disposition du public, sans vrai classement. une exposition comme Wikipedia, construite d'exemples approfondis et documentés, mais plaisant à explorer, sans ordre, s'avançant comme surgissement d'idées, imprévisible.

C'est donc une exposition joliment contemporaine que l'on s'amuse à découvrir, d'autant plus que chaque module est installé avec soin & recherche. On n'est jamais loin d'une installation d'art contemporain. La zone concombre propose ainsi les dossiers de la fameuse directive dans toutes les langues de l'UE, juxtaposition de critères pour concombre donnant le vertige. De superbes séries photographiques juxtaposent des maisons improbables ; un peu à la manière des séries d'aciéries de la Rhur aperçues au musée d'art moderne de Düsseldorf. De nombreux documentaires vidéos sont proposés, durant souvent 20 ou 30 minutes. Suivre les maisons de Terre Neuve, tirées sur l'eau par des hors bords, est une image fascinante ; le documentaire datant de 1970 offre de superbes images de cinéma, magnifiques cadres, superbes mises en scènes des interviews. Quel assemblage de plaisirs pour les yeux !

Je reparlerai certainement de cette exposition. J'ai en effet quitté le CCA avec le livre édité pour l'exposition, 200 pages détaillant les différents exemples présentés. Lecture qui s'annonce certainement des plus intéressante...

Entrée du CCA par la façade Nord



Façades Sud du CCA, donnant sur le boulevard René-Levesque

30 décembre 2010

Barney's Version, adaption linéaire du roman foisonnant de Richler

Barney's Version 
by Richard J. Lewis, with Paul Giamatti, Rosamund Pike, Jake Hoffman (2010)
based on the book by Mordecai Richler

Barney ? Barney est juif, anglophone, montréalais pure souche ; passionné de hockey ; alcoolique. Braney est producteur de télévision, des soaps bas de gamme subventionnés par l'état canadien pour soutenir l'identité canadienne. Barney se marie 3 fois, la première fois forcé, la deuxième fois avec une riche héritière ; la troisième fois, par amour fou - coup de foudre survenu le soir-même de son deuxième mariage. Barney est aussi accusé du meurtre de son meilleur ami...

Oui, Barney est un personnage fascinant, le narrateur et anti-héros truculent du roman de Mordecai Richler, Barney's Version. Il s'agit du dernier livre du grand auteur de Montréal, publié en 1997, et sorti en France sous le titre "Le Monde de Barney". Roman foisonnant, porté par la voix d'un Barney âgé racontant sa vie, toutes ses aventures, une voix cynique, acerbe, amoureuse ; une voix vieillissante sous les coups de l'Alzheimer. Un best-seller, un immense livre.

Et une mine fantastique de situations et de personnages pour le cinéma. Mais comment adapter un tel livre au cinéma en 2h environ ?

Surtout, comment parler du film sans entrer dans une plate comparaison comptable "le livre est mieux, il manque ceci ou ceci" ? Barney's Version m'a emporté dans une lecture enthousiaste et rebondissante, et bien sûr, j'ai tenu les comptes durant la projection. Pourquoi le Paris bohème des 50s devient-il le Rome juste ensoleillé des 70s, par exemple ? Mais de telles considérations ne sont pas très intéressantes pour le lecteur, et ne constitue pas une grande réflexion sur le film lui-même. La seule question valable doit être : le film offre-t-il un tout intéressant ?

Le film offre un portrait très linéaire de Barney et son histoire. La vie de Barney défile purement chronologique, laissant parfois place à des passages contemporains, afin d'introduire le Barney vieillissant. Approche très sage, assez factuelle, sans trop de place pour des voies de traverse, des épisodes mineures qui enrichiraient la figure désagréable mais complexe de Barney. Choix compréhensible : le film dure déjà 2h12, et il aurait pu en durer presque le double. Barney est omniprésent à l'écran, sous les traits mi-bonhommes mi-cyniques de Paul Giamatti. La première moitié du film est plutôt rythmée, bondissant du Barney apprenti bohème au Barney croqueur d'héritière, introduisant force bons mots made in Richler.

Le rythme se modifie légèrement pour le deuxième mariage, longue séquence, tournant du film. Séquence peut-être un peu inégale, mais plutôt réussie, offrant sourires, rebondissements, coup de foudre. Le temps s'écoule lentement, donne du temps aux scènes et dialogues, se fait moins succession d'anecdotes. Rupture sobre, mais qui fonctionne bien. Après quelques ellipses, le temps réel reprend pour  le dénouement du deuxième divorce, pour le premier rendez-vous du grand amour. Economie du récit compréhensible, cohérente avec le personnage de Barney : ce sont les scènes-clés de sa vie et de son histoire personnelle, quand les deux premiers mariages n'étaient que des péripéties méprisables.

Mais là, le fil du film se casse, se distend trop. Barney a atteint son objectif, épouser la femme de sa vie. Longues années de bonheur familiale en perspective, avec enfants, profondes affection et désir, petites chicanes de couple. Le réalisateur ne peut s'empêcher de montrer ses scènes, Barney coupe un oignon près de son premier né, Barney à la pêche avec son second, la femme aimée nue et radieuse sur le lit conjugale. Tout cela est bien convenu, maladroit, paresseux, surligné par une musique prévisible et insistante. L'élan de Barney se brise, le film se perd, la sentimentalité bon marché l'emporte. Les écarts de  Barney et sa chute prévisible surviennent lentement, se traînant presque, trop mollement : à quoi bon ?

Le film retrouve un peu de justesse dans sa dernière partie, Barney vieillissant, découvrant peu à peu ses faiblesses mentales, sa déchéance. Là aussi, le thème est convenu, prévisible, les petites gaffes devenant absences inquiétantes ; bientôt, il doit garder ses coordonnées dans sa poche ; à la fin, ce n'est plus qu'un spectre vague posé sur un banc. De manière presque surprenante, ces scènes ne tombent pas à plat, trouvent une légère émotion, par le jeu de Giamati, par l'affection de ses proches. Le film retombe presque sur ses pieds et laisse le spectateur doucement touché.

Le film parvient donc à montrer le personnage de Barney, à introduire ces facettes, ses tares et un peu de sa folie ; on rit souvent. Tout cela n'est pas désagréable. Mais il pêche à deux niveaux. Tout d'abord, par déséquilibre d'adaptation, il n'y a pas d'autres mots - je dois bien en revenir au roman : la joyeuse vie conjugale de Barney est présentée de manière allusive, sous forme de détails saupoudrés au gré du livre. Condenser cela en un long tunnel cul-cul n'est pas un choix très heureux. Mais plus généralement, par le classicisme de la forme choisie, portrait linéaire et factuelle, sans véritable ambition ; rien qu'une petite histoire. C'est plutôt dommage malgré les quelques bons mots marquants.



Dates de sortie :
  • Canada :  sortie limitée le 24 décembre 2010
  • USA :       sortie limitée le 14 janvier 2011
  • France :   pas encore de date sur IMDB
  • Allemagne : sortie prévue le 9 juin 2011...




24 décembre 2010

Le Moral des Troupes de Jimmy Beaulieu, superbe récits au dessin envoûtant



Le Moral des Troupes 
by Jimmy Beaulieu
Collection Mécanique Générale - Editions Les 400 Coups (2004) 


Depuis plusieurs mois, je suis les dessins de Jimmy Beaulieu sur son blog. Très jolies dessins, extraits comme bruts et épars d'un carnet, à la jolie fluidité entraînante, agréablement sensuels. Majoritairement des silhouettes féminines, nues ou habillées, aux longues chevelues ; traits vibrants et tremblants, touches d'aquarelles, galerie délicieusement parcourues. Mais je n'avais pas eu l'occasion de lire un ouvrage complet de l'auteur québécois, pourtant prolifique. Déniché à la bibliothèque d'Ottawa, Le Moral des Troupes me permet d'entrer un peu plus dans l'univers de Beaulieu, de goûter à sa narration.

Publié en 2004, Le Moral des Troupes est un recueil d'histoires autobiographiques, récits de quelques pages évoquant goûts musicaux, moments en famille ou avec sa copine, réflexions sur la vie à Montréal ou l'état du monde après le 11 septembre. L'auteur joue avec ses propres réflexions, et le fait avec un bel appétit de bande dessinée, offrant des moments de pures dessins et longs textes juste illustrés. Le crayonné s'affiche en noir et blanc, traits apparents et énergiques, sensuels et souples, ajustés à l'énergie des récits. La variation des thèmes est belle, l'auteur ne s'attarde pas trop sur les sujets un peu rabattus comme la famille ou la mort, laissant transparaître ses sentiments subtilement ; certaines planches deviennent même passionnantes pour le lecteur français, quand Beaulieu songe à l'identité québécoise ou à la vie  Montréal, tellement moins douce qu'à Québec. 

Agréable alternance, condition humaine et condition québécoise se passant la parole d'une page à l'autre, avec toujours se dessin fascinant.

Quelques clics rapides sur Internet permettent d'en savoir un peu plus sur Beaulieu. Né en 1974 sur l'île d'Orléans, près de la ville de Québec. Passionné de dessin, entré vers la bande dessinée autour de 1998, et un des membres fondateurs de la collection Mécanique Générale. Maison importante pour la bande dessinée québécoise, et un rôle d'éditeur que Beaulieu prend à coeur, un prolongement de son activité d'auteur, comme il l'existe dans cet intéressant entretien. Une gamme variée d'activité, puisque Jimmy Beaulieu a aussi travaillé dans plusieurs librairies, ou anime encore un atelier de bande dessinée au Gégep du Vieux Montréal ; toutes activités cohérentes pour sa démarche de recherche et de création. Une création qui ne se ralentit pas, dans la mesure où de nombreux ouvrages devaient voir le jour entre septembre 2010 et le printemps 2011. Ouvrages maintenant tournés vers la fiction, mais toujours sensuelles et vibrantes. Les couvertures des livres "A la Faveur de la Nuit" ou "Comédies Sentimentales Pornographiques" sont des plus prometteuses...





Liens :
Illustrations de ce texte tirées de l'album "Le Moral des Troupes", ©Jimmy Beaulieu

10 décembre 2010

The Luyas, soon in Ottawa again but first with a video

Tiny Head by The Luyas (2010)

The Luyas en concert à Ottawa, fin avril dernier, quel joli souvenir. Concert au Raw Sugar Café, c'est-à-dire un simple coffee shop, petit comptoir offrant des pâtisseries ou des capuccino, quelques tables éparpillées pour accueillir les étudiants ou les petits artistes. Un décor simple, un cadre à l'échelle intime, parfait pour la pop douce des Luyas.

J'avais découvert les Luyas quelques mois plus tôt, grâce à un magnifique Concert à Emporter de la Blogothèque ; Vincent Moon, le réalisateur & tête pensante des Concerts à Emporter, en parlait comme d'une obsession, un de ses groupes préférés. Les images ne trahissaient pas cette idée, ballet de musiciens joueurs et fou dans l'île de Montréal, musique respirant en plein air, mais musique toute douce et rêveuse. Peu après, par chance, j'avais déniché leur unique album en occasion : Faker Death, 8 titres, 31 minutes, voix envoûtante, petits assemblages malins et atmosphériques. Un joli coup de chance : je n'ai pas revu cet album en vente depuis...

Le concert au Raw Sugar Café promettait donc et fut en effet une jolie expérience. Pas vraiment de scène, les instruments simplement installés dans un coin de l'espace, à même le sol ; une lampe à abat-jour se laissait voir juste derrière le batteur, comme si le groupe jouait dans le salon d'une tante éloignée. Verre de vin blanc à la main, presque au premier rang, c'est-à-dire à à 60 cm de Jessie Stein, chanteuse, guitariste, poumon du groupe, une boule de charisme fraîche et énergique. Robe à fleur, chapeau presque vintage, des blagues entre les morceaux qui s'allongent peu à peu, un chant habité, douze corde sur sa guitare étrange. Un belle rencontre musicale, un superbe personnage, on comprend aisément l'amour de Vinent Moon pour le groupe et ses personnages. Une très jolie soirée.

Mais je n'ai rien écrit sur cette soirée. Pas un mot sur ce blog. Quelque voyage un peu trop rapproché, je pense ; mais surtout, comment bien écrire sur les Luyas après les textes magnifiques de la Blogothèque ?

Pourtant, quelques jolies nouvelles concernant les Luyas sont tombées ces derniers jours. Tout d'abord, la découverte d'un nouveau concert au Raw Sugar Café, le 23 décembre prochain, comme un superbe cadeau de Noël : ces quelques mots m'ont donné le sourire toute la soirée lundi dernier... Mais dès mardi, Pitchfork remettait le couvert, en présentant la nouvelle vidéo du groupe, présentée ci-dessous. Un gros plan sur le visage rieur de Jessie Stein, comme une évidence, le visage des Luyas et leur voix. Le morceau est très beau, et annonce un nouvel album qui doit sortir vers février 2011 ; le résultat devrait être magnifique : en plus du groupe lui-même, le talentueux Owen Pallett a participé à sa réalisation... 

Je devrais donc parler à nouveau des Luyas dans les prochaines semaines...