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21 mai 2011

Alsatian Darn, Panda Bear recipes in 4 minutes of simple depth & space

Alsatian Darn
     by Panda Bear (2011)

Panda Bear, une longue histoire d'amour, un coup de foudre début 2007 par l'immense Bros, morceau de 12 minutes à samples, à étages, à couches, à échos - une chanson monde comme il y a des livres mondes, une oeuvre multiple dont les écoutes n'épuisent pas l'épaisseur, la capacité de renouvellement et de fraîcheur. J'en parlais le 31 décembre 2007 ici, et le texte n'a pas trop mal vieilli, même s'il ne pouvait prévoir que ma fascination pour Bros serait intacte début 2011...

La sortie de Tomboy était donc un événement : un nouvel album de Panda Bear !

Le précédent, Person Pitch, offrait généreusement 7 titres, dont 2 durait près de 12 minutes. Dans Tomboy, il y a 11 titres, dont 2 seulement dépassent les 5 minutes - et sans aller plus loin que 7 minutes. Un album pop de Panda Bear ?

Pas vraiment, d'autant que la musique de l'ami Panda est à diffusion lente, se laisse doucement apprivoiser, avec gentillesse, mais avec patience. Un album doux au flot léger et frais, avec toujours cette voix à la fois nimbée d'écho et à la belle clarté, avec toujours cette limpidité des sons, ces petites rythmiques répétées encore et encore avec d'infimes variations. C'est beau, c'est agréable, c'est un bel album à écouter un matin de week-end, ou un soir dans la lumière tamisée d'un canapé, ou pour une promenade aux pas paresseux entre le vert printanier des bourgeons ; un album pour rêveries paisibles, où l'esprit se laisse guider par les ondes pour inventer ses propres paroles ou tisser ses propres images.

J'ai déjà écouté Tomboy plus d'une douzaine de fois ; je garde toujours cette double impression, accueil agréable, poli, engageant, mais aussi ce léger sentiment d'insaisissable, de perpétuel dépaysement ; marcher sur une toile vaguement distendue, léger sentiment d'ivresse. Une petite perte de repères, dans le bon sens du terme, la liberté offerte chaque fois, jamais vraiment épuisée par la répétition. Preuve d'une certaine richesse de la musique ; ou d'un amour certain de ma part pour cette musique - donc d'une richesse que j'y trouve, ou que j'y crois trouver ; une musique aidant à l'invention. Laissant toujours la porte ouverte, et les fenêtre également pour quelques courants d'air dans les rideaux.

Et voici maintenant une vidéo pour le titre Alsatian Darn, un de mes préférés de l'album, un qui me reste en mémoire au milieu de cette grande homogénéité.
Bon, la vidéo est d'un minimalisme basique assez frustrant, à la limite de l'onde d'accompagnement Winamp. Oui, c'est abstrait, des motifs répétés distordus par de sortes de vagues ; ce n'est pas très subtile et répète en gros traits "voici une musique abstraite et sensuelle, voyez comme je la représente !". Il y a bien quelques petites variations, un côté bricolé et basse définition plutôt attachant ; mais cela semblerait un peu bâclé par comparaison à la musique elle-même.

Alsatian Darn, c'est un petit précipité de Panda Bear, les rythmes entrant sur la pointe des pieds, une guitare répété, un son assez organique, jamais froid, et la voix qui murmure à l'oreille tout en restant dans une distance d'écho ; l'effet proximité / intimité / volume typique sur Tomboy. Le fil se construit, puis se distent ici, là, à droite ou gauche, rendant muet une composante pour accentuer l'autre, un jeu discret et fluide, comme des amorces de ponts. Jusqu'aux 3 minutes où Panda Bear commence à jouer avec l'expression Say What, le mot Say modulé en boule de caoutchouc souple, propice aux accents placés en différents points ; un petit climax, ces Say distendues résonnent souvent à mon oreille, un motif marquant, frappant, touchant. Et une fin de morceau lentement refermée, laissant un peu d'air et d'espace à la musique sans parole, comme on reprend son souffle, on détourne le regard pour profiter de l'instant juste une poignée de seconde, une conclusion de morceau propre et en pente douce.

Même si la vidéo n'est que basique, elle donne un bon prétexte - si besoin était - pour commencer à parler un peu de Tomboy...

30 mars 2011

Diamond Rings en ballade douce amère dans la nuit

It's not my party - by Diamond Rings (2011)

Février 2010, le théâtre d'Outremont accueille Owen Pallett pour un joli concert à Montréal. Les demeures bourgeoises d'Outremont sont entourées de neige, petits restaux agréables dans la rue où je déguste une soupe à l'oignon avec un kir : la soirée s'annonce douce et touchante avec le violoniste et ses chansons à tiroirs.

Mais la première partie s'ouvre surprenante sur une longue brindille insoupçonnée. Comme Pallett, un artiste solo, lançant les beats sur sa petite machine, puis pianotant sur le synthétiseur ou plaquant des accords sur sa guitare, des assemblages vaguement indie, assurément pop. La musique flotte agréable et détendue, rigolote, mais c'est l'aspect de ce personnage qui capte l'imagination. Immense silhouette longiligne et colorée, baskets vintage aux teintes violettes, collant zèbre sur ses baguettes de jambes, blouson en jean cintré, coupe peroxydée et maquillage mauve mi-Bowie, mi-années 80. Voilant une saisissante figure glam à l'humour intense, à la présence modeste, un personnage, une vision.

Je ne connaissais rien de Diamond Rings avant cette apparition. Pourtant, le personnage faisait le buzz depuis quelques mois dans le milieu indie. Et une histoire pas banale...

A l'été 2008, John O'Regan se retrouve à l'hôpital. Il est chanteur du groupe The D'Ubervilles, groupe post-punk de la scène de Montréal. Le séjour traîne un peu, le moral est bas, John O'Reagan se met à travailler sur des chansons à l'hôpital, avec les contraintes liées à ce cadre. Un véritable projet solo, par la force des choses, dont la teinte s'éloigne peu à peu de l'indie punk des D'Ubervilles. Car c'est en figure glam que John O'Regan sort de l'hôpital, Diamond Ring à la coupe de outrageuse, au maquillage appuyé, aux vêtements fluo sortis d'un magasin d'occasion ou de certains films d'Almodovar.

Une métamorphose assez fascinante, une petite légende indie, insuffisante à expliquer l'enthousiasme du public d'Outremont, ce soir de février 2010. Le public de la première partie s'embrase pour Something Else, tube qui a parcouru les blogs à l'hiver 2009-2010, petite bombe entêtante à l'efficacité imparable, au charme pop indéniable. La puissance du morceau est telle que je l'ai entendu sur une radio commerciale en décembre 2010...

Personnalité intrigante, tube pop pour prendre de l'élan, la trajectoire prend finalement son envol à l'automne 2010, avec la sortie de l'album Special Affections. Album salué par le monde de l'indie nord américain, notation enthousiaste sur Pitchfork, couverture du journal gratuit Exclaim! : un écho porté par la puissance des chansons, loin d'être des copies du tube Something Else, offrant une sensibilité douce, joliment écrite, cristalline, mouvante. Une complexité caché sous des ingrédients dépouillés, très simples, mais un maniement du song-writing assez fascinant...

La nouvelle video pour It's not my Party illustre bien ces différentes facettes. Ballade doucement entêtante, toute simple, aux écorchures discrètes, et la vidéo s'écoule à l'unisson comme une déambulation nocturne et mélancolique. Voir Diamond Rings serrer les manches de son anorak blanc dans la nuit est une image d'une superbe poésie urbaine.

13 mars 2011

Le Femme en boucle Sur La Planche - et comparé à des Suédois

La Femme - Sur la Planche (2011)

Un article plutôt laconique sur les Inrocks, avec quelques expressions presque passe-partout. "Des cool kids de 17 ans et un peu plus, que l'industrie du disque s'arrache déjà en coulisse, et qui ont fait de leur liberté leur atout le plus cher.", dit l'article. Difficile d'en savoir plus au sujet de La Femme, qui n'a pour l'instant sorti qu'un EP.


Mais le single est agréable & fun, et l'on peut s'amuser à citer les références, comme le font les Inrocks. Une New Wave francophone désabusée et chic, façon Taxi Girl, le côté surf music évident du titre. Je songe aussi à du pyschobilly, ces roulements un peu hypnothiques, aux accents de film de genre ; impression renforcée par la touche "film noire de surf" de la vidéo.
Et bizarrement, même si le son est assez différent, les Raveonettes me sont venus à l'esprit. Pour la distance du chant, certainement, le côté pop song légèrement pervertie ; même si les suédois sont bien plus saturés et rock que les jeunes français. Peut-être ai-je aussi fait une association par les vidéos : même moins stylisé que celui de "Sur La Planche", le clip de "The Great Love Sound" s'écoule aussi en petite parodie de film noire...


21 janvier 2011

Lemonade, and Braids offer nice pop atmosphere for Canadian winter

Lemonade 
by Braids (2011)
from the album Native Speaker, released on January, 20th, 2011 

A l'automne 2009, Vincen Moon profitait du festival POP Montréal et captait les prestations de quelques jeunes groupes de la ville. Un bien joli article présenté sur la Blogothèque, dont la richesse ne s'épuise pas. C'est par lui que j'avais tout d'abord découvert les Luyas, beau moment musical dans un café d'Ottawa au printemps dernier. J'avais aussi exploré quelques pages Myspace, déniché quelques titres prometteurs, dont celui des Braids. Voici que sort justement leur premier album, intitulé Native Speaker.

Une pop très atmosphérique, délicatement construite, très progressive et douce, enveloppante. Petits assemblages de batterie légère, vaguement répétitive, minces ondes de guitares. Les voix flottent, féminines, mêlant quelques paroles, de simples notes lancées ici ou là, librement. Tout un jeu de cristal vibre tranquillement, presque fragile, très touchant, gracieux et modestement intense.

Lemonade offre ainsi un exemple magnifique, terriblement accrocheur. J'avais écouté cette chanson au moment de l'article de la Blogothèque, son charme discret s'était doucement glissé autour de moi, mais je n'y avais plus trop pensé. Je l'ai ressorti cette semaine en découvrant la parution de l'album, et la puissance de Lemonade me baigne et me fascine.

L'album Native Speaker s'annonce de plus agréables dans son ensemble, une couette des plus douces pour envelopper l'hiver canadien. Mais avant de m'enrouler dans cette douleur fraîche et chaude, je compte bien profiter du concert des Braids. Ce jeudi 20, le groupe joue à domicile, à Montréal, pour le lancement du disque. Mais, demain, vendredi 21 janvier, les musiciens viendront à Ottawa en voisin, concert fort prometteur dans la petite salle du Mavericks. La soirée s'annonce idéale pour lancer la nouvelle année musicale dans la capitale canadienne.

Braids, en concert avec Long Long Long
Vendredi 21 janvier 2011 - Mavericks, Ottawa, Ontario