Affichage des articles dont le libellé est .m. dance. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est .m. dance. Afficher tous les articles

22 mars 2011

Magick by the Klaxons (2006)

Je n'ai jamais été extrêmement intéressés par les Klaxons. Bien sûr, j'aimais bien Atlantis to Interzone, sa folie tourbillonnante, ses sirènes, petit tube de dance et de rock sympathique. Le label New Rave collé par le NME, le buzz, les discussions sur le retour des sweat-shirts à capuches fluo ne m'avaient pas particulièrement intéressés. Je ne suis même plus sûr d'avoir écouté leur premier album Myth of the Near Future ; pourtant primé du fameux Mercury Prize en 2007.

Je les avais un peu oublié, je dois dire, et la sortie de leur deuxième album l'été dernier ne m'a fait ni chaud ni froid.

Mais samedi, j'ai aperçu Myth of the Near Future à la bibliothèque, et je l'ai emprunté. Il faisait beau, le printemps semblait bien installé, un peu de pop et de folie pour le week-end. Et j'ai été agréablement surpris par le disque, joliment psychédélique, plutôt travaillé, un bel assemblage aux tubes efficaces. Oui, il a de sacrés bons petits tubes.

Dont ce Magick, au charme assez ravageur. Je me souviens d'avoir regardé mollement la vidéo au moment de sa publication, il y a quelques années. Vidéo assez cheap, bien bricolée, avec un petit charme de série B à deux francs ; mais au final assez abominable, la revoir l'a confirmé. Désagréable impression qui ne m'avait pas vraiment donné envie d'écouter le single, et c'est bien dommage. Sans les dégueulis vert fluo, le titre s'écoule hypnotique, basique, brutal, sans fioritures : cavalcade de batteries, petits cris en fond, et même un pont pas désagréable (même si assez basique). Les sursauts de basse sont même plutôt sympathiques.
Alors allons-y, une petite sucrerie pour débuter la semaine : gardez les oreilles grandes ouvertes, les images sont sans importance ici...

17 septembre 2010

Caribou revient au Babylone d'Ottawa et danse, danse

Caribou in concert
Babylon, Ottawa - September, 15th, 2010

Même chansons, même lieu, à peine quatre mois d'écart - et pourtant, le concert de Caribou en septembre sonne différemment de celui de mai. Peut-être est-ce aussi dû à ma position au cours de la foule et non à cinquante centimètre du batteur, comme il y a quelques mois, quand le spectacle visuel m'avait fasciné, l'agencement méticuleux des morceaux. Ce point de vue joue certainement. Mais la tournée des festivals européens et le rodage des nouveaux morceaux doit également être à l'origine de cette tonalité plus dansante et débridée.

En mai, David Snaith jouait un rôle mi-chef d'orchestre, mi-homme orchestre : lançant des boucles, passant du clavier à une petite batterie, chantant, contrôlant ses trois partenaires du regard pour synchroniser au mieux les différentes strates des morceaux, les entremêlements de rythmes, les bourdons de guitare. Un set mêlant les différentes époques du projet Caribou, un long tunnel psychédélique envoûtant, les textures doucement disco suivant doucement les chansons plus 60s de l'album Andorra.

Mais cette fois-ci, le quatuor Caribou est accompagné d'un quatuor de cuivre : trombone, deux saxo, une flûte traversière. David Snaith n'a plus besoin de s'occuper des trilles de flûte ou de certains sons, qui surgissent maintenant live, et l'effet est plus débridé. D'autant que le set semble d'avantage mettre en avant les morceaux du dernier album Odessa, ses sonorités plus disco, électroniques, fortement dance floor. Snaith a souligné que cette version élargie de Caribou jouait seulement pour la cinquième fois ensemble cet été ; certainement une occasion qui a permis de lancer cette cavalcade durant laquelle la jeunesse d'Ottawa lève les bras encore et encore. Peu de morceau pops, un seul titre issu d'Andorra d'après moi, deux du plus ancien Up in Flame, dont mon petit préféré "Hendrix with KO" dont je reparlerai une autre fois. Le reste danse, danse et ondule, toujours atmosphérique et rêveur, mais un rêve sur piste de danse après plusieurs heures de transes, comme pour le joli Sun.

21 juillet 2010

L'euphorie communicative de Caravan Palace

Caravan Palace
2 Juillet 2010 - festival de Jazz de Montréal

Festival de Jazz de Montréal, un des plus grands festivals du monde, où les somptueuses têtes d'affiche en salle voisinent avec les concerts populaires gratuits et en plein air, en plein centre ville. La Place des Arts offre ainsi chaque soir un gros show sur sa plus grande scène, pas toujours très jazz pour ceux auxquels j'ai pu assister, mais toujours terriblement festifs. Un parti pris de fête populaire, de communion avec la foule, et l'ambiance a souvent été magnifique.

En particulier pour Caravan Palace, grosse claque pour moi qui n'ait pas mis les pieds dans les festivals français depuis deux ans environ : ils semblent une valeur sûre des scènes d'été en France depuis quelques temps, ont même squatté le top des ventes pendant presque un an. Mais je n'en avais jamais entendu parlé, malgré mes passages fréquents sur les sites & blogs musicaux français. Ou comment le snob-toujours-au-courant prend un peu conscience de son expatriation...

Caravan Palace, c'est un sextet de swing - jazz, mais où la batterie est remplacée par la boîte à rythme des Daft Punks, ou presque. Instruments live sur lourde rythmique électronique, laissant parfois la place à un peu de vocoder ou quelques scratchs de vinyle. Un déchaînement euphorique saisissant, follement dansant, dont on sort radieux, souriant, étincelant, volant sur l'énergie communicative du groupe et de la chanteuse charismatique.

Montréal a chaviré, les fans de musique & de jazz se déhanche devant ces français fous. La musique électronique manifeste sa puissance communicative, irrépressible, un peu à la manière des Chemical Brothers à Rock en Seine 2004, secouant une foule rock & tatoué aux sons de leurs beats fous.

Pas de vidéo de Montréal avec la somptueuse présence scénique chantant, mais ce numéro original avec danseurs de Montréal. Pas forcément le plus représentatif de la personnalité du groupe, mais tout de même fort fun...


11 mars 2010

Hot Chip pour la vie

One life stand
by Hot Chip (2010)

Hot Chip, groupe de geeks faisant de la dance music un peu classe, un peu rock, un peu raide, mais capables de tisser des singles à l'efficacité fascinante. Quelques notes synthétiques quasi pure, une rythmique simple mais léchée, un ou deux accords de guitares, et un petit binoclard bondissant pour s'occuper des chansons : comment pourrait-on imaginer une telle réussite pop avec un tel assemblage ?

Le nouvel album poursuit l'exploration, abandonnant doucement les grosses chansons "funk raide de petit blanc" pour tisser de jolies chansons pop au synthé, rapidement touchantes pour peu qu'on y prête l'oreille. Sur leur premier album, Hot Chip disait conduire une Peugeot en écoutant Yo La Tengo, ici les années passées se font sentir, la maturité douce. C'est l'importance d'un frère qui est évoquée, la profondeur d'un engagement amoureux. Des geeks un peu trop sérieux maintenant ?

Simplement une question d'alliage, d'équilibre, car les grandes déclarations sont introduites dans des mélodies léchées, montées sur des arrangements minimaux et millimétrés. Seuls ceux qui écouteront trop rapidement pourront proclamer à la va vite : "mais c'est bien superficiel et de mauvais goût". Je n'ai pas goûté à l'album complet, mais une moitié des chansons s'écoute encore et encore avec plaisir.

D'autant que Hot Chip a toujours su bidouillé des vidéos rigolotes, petits systèmes à effets malins plus que tapageurs, en mettant en valeur leur valeur ajoutée. Leur musique, bien sûr, mais aussi leur investissement et sens de l'humour : les danses qu'improvisent les 5 membres aux silhouettes uniques prouvent leur passion pour leur musique, et leur sens de l'autodérision. Une sorte de gros soirée délirante entre pote, mais qui aboutirait sur une grande chanson pop en plus d'une gueule de bois étriquée.


28 février 2010

Comment ai-je pu passer à côté de "I love London" ?

I love London
by Crystal Fighters (2009)

En mai 2009, Loo & Placido sortait un long mix de 2 heures, mélange fascinant des DJs premières classe de la Bastard Pop. Je me retrouvais 3 ou 4 ans en arrière quand j'écoutais gourmands les musique de DJ Zebra ou des 2manydjs, capables de dégainer la house anglaise et les voix hip-hop, les riffs classiques rockes et les basses de club. Au milieu de ce mix, titre inédit de Loo & Placido, dénommé "Pull up London" : basse étranges et proéminentes sur lesquelles un voix féminine répétait régulièrement "I LOVE LONDON" d'un air presque nonchalant. Un bel hommage à la scène londonienne, au dynamisme fou du dubstep et de l'UK funky.

Ce "Pull up London" a été une grosse claque de mon année 2009, un de ces titres immédiats que je ressors régulièrement des mes archives. Certainement une des raisons pour lesquelles j'ai commencé un peu à m'intéresser au dubstep ces derniers mois.

Je croyais ces paroles tirées d'un morceau pop ou hip-hop, à la manière du "London Burnin' " des Clash qui surgissait dans les morceaux plus anciens des la paire de DJs. Mais je suis finalement tombé sur le morceau d'origine ce matin et c'est un tube monstrueux.

"I love London" est joué par Crystal Fighters, un groupe espagnol. Le morceau est apparu sur la compilation Kitsuné Vol. 8 en mai 2009, et la maison française a également produit le single du groupe. Pas facile de dénicher beaucoup plus d'informations sur le groupe qui n'a sorti que 2 singles jusqu'à présent. Ils sont apparemment 5, espagnols, peut-être même basques d'après les commentaires évoquant les rythmes de "I love London".

Quoiqu'il en soit, ce "I love London" est un tube immédiat, sans aucun doute. Kitsuné a toujours fait preuve de goût et d'un joli sens de la découverte, et le label a une nouvelle fois visé juste. Il n'y a qu'à voir le nombres de remix qui ont été faits de ce titre, une joli collection est rassemblée sur le site The Blue Walrus. Mais la version initiale se passe de commentaire, elle déguste encore et encore, entre cowbell et voix vaguement bancale.


5 septembre 2009

Du disco abstrait par dessus l'Atlantique

Business acumen
by In Flagranti (2009)

Un duo à distance, un DJ à Brooklyn, son compère en Suisse, ils s'échangent des morceaux de son par Internet, ils constituent le duo In Flagranti. Tissage de longues plages disco instrumentales, quasiment instrumentales, un ou deux riffs sur des coups de cowbell.
Du disco abstrait des années 2000.


21 février 2009

Une playlist sans pop songs faciles, une playlist pour le récit d'une nuit

Allo ? Juno, Nick & Norah ? Vous êtes jeunes, n'est-ce pas, libres, délirants et branchés ? Amateurs de musique, cela va sans dire, car qui ne l'est pas dans cette génération iPod, mais vous trois, vous êtes même des passionnés, des dingues de son et de mélodies sans contrainte. Vous écoutez une musique qui crie son indépendance à coup de chansons douces et de guitares acoustiques, de refrains sucrés et d'influences folk, découvertes au détour d'une page Myspace ou d'un blog de dénicheur de trésors.

Mais en ce cas, pourquoi votre bande son s'écoule-t-elle comme une vieille compilation folk, un ruisseau à une dimension ?

Peut-être est-ce dû au vieil adage du blogger sage : "un garçon qui prépare une compilation pour une fille est un garçon amoureux". L'esprit enfumé d'effluves romantiques et de sentiments roses aime à partager ses émotions musicales, ses coups de coeurs pour des morceaux tellement touchants, alliage de paroles juste et de mélodies parfaites. The perfect love song, le Graal du song writter pop, et où trouver de tels artisans de l'émotion et du sentiments, si ce n'est dans le rayon pop-folk ? Sur un label indépendant pour ne pas risquer de tomber sur quelque guimauve trop commerciale, tout de même.

En cette ère où la playlist folk sert d'étalon du bon goût musical, je me fixe un défi : ciseler une compilation sans chanson d'amour, sans même aucun morceau pop ni folk. Mais une compilation qui saurait procurer des émotions intenses, car la puissance d'un morceau n'implique pas qu'il parle d'amour.

Et, allant plus loin, j'aspire à un enchaînement des morceaux qui fasse sens. Que l'écoute du disque constitue un cheminement et trace une histoire à l'aide de ses tonalités, comme cet idéal éculé de l'album concept. Que l'ordre des morceaux influe sur l'expérience musicale à la manière de l'agencement des chapitres d'un livre ou des scènes dans une pièce de théâtre. 80 minutes pour raconter une histoire en une dizaine de morceaux sans chanson pop ; rien de vraiment commun avec les milliers de titres qui dorment sur le disque dur du téléchargeur paresseux, fichiers mp3 qui se voient réveillés au hasard grâce à la fonction de lecture aléatoire. Oui, la musique que l'on manipule sans support physique offre une plasticité sans limite alors sculptons la glaise mélodique pour rédiger notre nouvelle sonore.

Une nouvelle qui se déroulerait une nuit, la nuit de liberté offerte par le samedi soir. Début de printemps, envie de traîner tard dans les rues piétonnes d'un centre ville aux bars nombreux, redécouvrir dans cette tiédeur surprenante une aspiration au sublime . Une douce euphorie. Une envie d'euphorie, tout du moins, qui bat la mesure en sourdine dans ses tempes à peine ivres, la promesse d'un oubli ravi qui glisse par la fenêtre ouverte d'un bar ; promesse enivrante sous la forme de quelques accords de guitare qui tournent sans fin.

Il entre.

Le brouhaha plus fort au fond près du comptoir, les conversations tout près de l'entrée restent presque paisibles, montant doucement en régime au fur et à mesure des blagues, des anecdotes, des cocktails. Le murmure sensuel de la foule se déhanche lentement mais bat peu à peu du pied, claquettant, criant sa joie en bondissant plus haut. En aidant la température à monter elle aussi, les visages couverts de sourire et de sueur. La chaleur va continuer à peupler les lattes du plancher et les tabourets hauts, la chaleur va poursuivre son train et taper encore sur ses tam-tams débordants, poussant les pieds vers la rue ; chercher de l'air plus frais, courir fou sur tout l'espace d'une allée, courir vers une autre folie cuivrée et courir vers le monde qui bouge sur la hanche d'une femme.

Ainsi, un micro-bar cubain en sous-sol, lumière tamisée et cuivres déments qui jonglent avec les membres des danseurs, serrés comme dans un sac, tassés pendant à peine trois minutes. Un chahut où la foule bouge en bloc, se décalant de plusieurs pas, soulevant les plus légers, et il décide soudain de s'extirper un peu, faire une pause au bar. La danse glisse encore derrière son oreille, des danseurs raides et au garde à vous, voici l'impression qu'il a.

Depuis le coin sombre du bar, la danse ivre paraît soudain mélancolique, plaquant des paroles terrifiantes sur son rythmiques irrésistibles. Une musique aveugle rendant le passé et le futur douloureusement clair.

Voici certainement le premier coup de fatigue de sa nuit, légère baisse de régime et la jauge déprimée reprend quelques couleurs. Le moral instable, vascille, mais il se découvre une capacité nouvelle, un sens étrange, il entend des paroles pessimistes et terrifiantes au milieu de la musique, des dénonciations fortes et tellement imprévues dans une telle ambiance festive. Qui se soucie du Congo dans cette mère d'alcool et de débardeurs fluos ?

Ce n'est qu'un soupir, allons, quelles que soient ses douleurs, l'Afrique offre toujours de magnifiques musiques dansantes, des chants superbes sur des rythmes efficaces et nouveaux, et les drames s'effacent encore, s'effacent toujours, who cares et pourquoi faudrait-il s'en soucier précisément maintenant, cette nuit, lors de ces danses et tout près de cette mignonne blonde qui ne le regarde pas ?

Mais personne, en fait, n'ose l'observer franchement, aucune regard ne se pose longuement sur lui malgré l'énergie déployée et la profondeur de son ivresse. Danser, danser, seul aussi, ou même avec ses camarades silencieux, comme chaque semaine, des amis qui ne se parlent que pour commander un nouveau verre de tequila. Danser seul et songer, soudain prendre conscience que cette danse n'offre aucun partage, cette impression fugace se fait évidence incontestable ; il danse dans le vide, pour rien, il n'arrive pas à danser. Qu'il aille autant s'asseoir un instant et réfléchir un peu.

Problème de communication, défaut de finesse dansante et d'efficacité physique, il ne peut s'empêcher d'incriminer son éducation. L'éducation, le milieu dans lequel il a baigné enfant, bourgeoisie de banlieue aisée, tous ces codes, toute cette retenue et cette sensation d'une flèche du temps ; le sens de la vie, le sens de la réussite. On ne choisit pas son ghetto, mais le milieu social pèse de tout son poids, il appuie plus fort et plus inévitable dans les moments de doute, dans le coin reculé d'une boîte rose et cubaine.

Le ghetto, et tous les décors urbains en fait, scène bétonnée où défilent les gestes modernes et inévitables, un écoulement comme un long monologue. Peut-on s'échapper ? Peut-on murmurer autre chose que des paroles molles, tristes, résignées, les paroles de contes aux fins désespérées et dérisoires ?

Il est sorti sur le trottoir, il chantonne tout doucement, juste pour lui, assis sur un plot en béton. Il chantonne une mélodie d'à peine quelques inflexions, le psaume de sa nuit de danse sombre ; les plus belles danses sont mélancoliques, mais valent-elles la peine d'attendre toute une semaine avec excitation, valent-elles vraiment d'idéaliser les sorties du samedi et d'en déguiser le contenu ? Un masque pour seul solution, le masque de la semaine, le masque pour tout cacher et ne pas se mettre à hurler en songeant à son visage.

Il sourit. Ces moments de minuscule déprime sont finalement assez amusants, quand on y songe ; intenses et grandiloquents, rendus lyriques par l'alcool consommée et la fatigue d'une nuit blanche, et pourtant tellement prévisibles et injustifiés. Car le vrai bonheur d'une nuit d'ivresse aux milieux des pavés et des fêtes étudiantes, c'est le lever du soleil, le carillon des teintes et l'optimiste naïf de lumière renaissante. Come on.

Alors, face à cette redécouverte, le petit coeur bat de nouveau si vite, aussi vite qu'à l'orée de la folle nuit qui s'annonçait.


THE LITTLE HEART BEATS SO FAST
  1. The Field -  A Paw in my Face (2007)
  2. TV On The Radio - Shout Me Out (2008)
  3. Talking Heads - The Great Curve (1980)
  4. Pigbab - Papa's Got a Brand New Pigbag (1981)
  5. Liquid Liquid - Optimo (1981)
  6. Hercules & Love Affair - Blind (2008)
  7. Baloji - Tout ceci ne vous rendra pas le Congo (2008)
  8. The Very Best (Esau Mwamwaya & Radioclit) - Boyz (2008)
  9. TTC - (Je N'arrive Pas À) Danser (2002)
  10. Le Klub des Loosers - Sous le signe du V (2004)
  11. IAM - Demain c'est loin (1998)
  12. The Streets - Empty cans (2004)
  13. Minimal Compact - Disguise (1982)
  14. Sufjan Stevens - Come on feel the Illinoise! (2005)

19 février 2009

Psychédélique ? Big Beat ? Juste de la très grande pop musique

The Sunshine Underground
by The Chemical Brothers, from Surrender (1999)

Les Chemical Brothers sont un immense groupe de singles, un groupe à la puissance live impressionnante, piochant sans mal dans leur vaste bibliothèque de tubes. Un groupe capable de faire bondir sans mal une foule entière de fans de rocks parqués sur la pelouse d'un festival, en une épiphanie électronique surprenante et fascinante lors d'un ancien festival Rock en Seine. Un très grand groupe pop, en bref, capable de divertir efficacement mais avec une certaine classe.

Voilà à peu près ce qu'on pouvait lire jusque cet été dans mon encyclopédie pop personnelle, mes petits post-it intimes pour me repérer dans le monde de la pop musique moderne. Mais je n'avais pas bien saisi à quel point les Chemical Brothers étaient un groupe pop, un très grand groupe de passionnés de pop ; mais cet été l'album Surrender a tourné bien souvent du début jusqu'à la fin, le défilement de l'album offrant chaque fois toute sa richesse, tous ses détails.

Bien entendu, quelques singles sautent au visage et accrochent l'attention, tels Hey Boys Hey Girls ou Let Forever Be. Mais chaque morceau offre sa petite collection de clins d'oeils pop, de référence, des preuves simples des disques écoutés avec amour par les frères chimiques. Des détails à débusquer pour ravir l'amateur, petites percussions, son psychédélique, révérence envers les Beatles, synthétiseur électronique basique, chant cristallin d'une ballade surprenante, trois mots d'une voix robotique. Le disque ne se contente pas des quelques rythmiques big beat à la mode, les sucreries s'enchaînent variées et les lèvres s'y trempent sans cesse en tournant le bouton du volume vers le haut, pour suivre les sentiers sur lesquels il nous emmène délicatement mais avec 

Et tout au milieu du disque surgit tout en douceur un morceau. Je n'avais jamais compris pourquoi un groupe avait pris le nom de Sunshine Underground, il y a quelques années. The Sunshine Underground, 8 minutes d'une mélodie toute douce aux couleurs vives mais légèrement effacées, un vieux film au technicolor saturé et usé qui tourne un peu plus vite, peu à peu, pour laisser éclater sa joie dansante à mi parcours. Des souvenirs de trips drogués des années 60 mais sans nostalgie lourde, transplanté sans brusquerie dans les clubs des années 90 mais aussi dans un superbe album, un album cohérent, un apnée ravie d'une heure environ.

10 février 2009

Italian Disco et l'immense grandeur dansante de D.D. Sound

Burning Love
by D.D. Sound (1977)

2008 aura été l'année de réhabilitation du disco, voilà le buzz qui résonnait sur les blog critiques de références durant les derniers mois. Introduire sans honte des basses rondes, des riffs de guitare funky ou des cuivres enjoués, voilà qui remettait à l'honneur ce genre mal aimé des tenants du bon goût rock. L'étoile de la new wave s'était bien vue redorée il y a quelques années, l'appétit du dénicheur de trésors pop pouvait se tourner à nouveau vers le disco et la fin des années 70. Tournant affiché par quelques gros vendeurs dans les hits parades anglais, mais surtout par les louanges unanimes entourant Hercules & Love Affair, qui mérite mieux que quelques mots dans un cours texte.

Le courant d'air de la hype ne m'a vraiment frappé qu'à la lecture d'une longue chronique parue dans Pitchfork : "n'oublions pas que le disco avait infiltré toute la musique pop américaine à la fin des années 70, une révolution uniquement comparable à celle de la pop au début des années 60 !"

Hormis le retour de gros tubes oubliés ou l'apparition de vieux clichés musicaux dans les hits récents, de tels retours donnent lieu à de magnifiques rééditions, des compilations riches en trésors cachés et joyaux oubliés. Ainsi, ma médiathèque proposait-elle une prometteuse compilation sur l'Italian Disco. Le disco s'invite dans quelques boîtes de stations balnéaires italiennes grâce à une poignée de DJ américains : les vacanciers découvrent ébahis le principe du mix, une musique de pure dance, et quelques musiciens italiens décident de se lancer dans l'aventure. Claviers, rythmiques rondes et paroles à l'anglais minimal envahissent peu à peu les soirées italiennes et européennes. Pour le plus grand plaisir des vacanciers allemands, précisent les notes de pochette de la compilation !

Certains n'hésitent pas à présenter l'Italian Disco comme le chaînon manquant entre le disco US et la house de Détroit du milieu des années 80. Comment savoir ? Toujours est-il que les musiciens italiens impliqués dans ce courant possèdent d'amusantes cartes de visite, puisque la plupart ont participé au développement du prog rock dans la péninsule au début des années 70. Musiciens de studio hors pair, amateur de jam et d'un son léché splendide, ils savent sculpté de longues plages inimitables comme des sessions infinies de dance. Pour le plus grand plaisir des DJ, disposant là d'un matériel souple et riche, pour la joie des danseurs en short, mais aussi des amateur de musique immédiate mais un peu ambitieuse.

Ainsi, ce Burning Love de D.D. Sound est une petite merveille. Deux producteurs italiens apparemment installés à Munich que ces D.D. Sound, signifiant Disco Delivery Sound. Près de 9 minutes et 30 secondes, les paroles distillent un accent improbable, et le ruban s'écoule sans fin, poussant toujours plus l'auditeur vers le dance floor. Bonny M et les Villages People apparaissent alors dans leur véritable costume : héros du disco dans l'imaginaire collectif, mais simples artisans commerciaux par comparaison avec les passionnés italiens !