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31 janvier 2010

Mon premier disque électronique

Autobahn 66
by Primal Scream (2002)

Primal Scream, un groupe un peu mystérieux pour les personnes comme moi, qui ne l'ont pas connu dans sa gloire innovante, dans les années 90. Bousculant le rock anglais en y introduisant de la house ou des sonorités industrielles. Reste uniquement la grande gueule de Bobby Gillespie qui surgit régulièrement dans les magazines rock anglais, dans les gros festivals, dans les faits divers ; sans qu'un jeune auditeur des années 2000 comprenne toujours bien pourquoi.

Pourtant, même avec mon expérience réduite concernant la gloire de Primal Scream, le groupe occupe une petite place dans mon évolution personnelle. L'anecdote m'est revenue à la fin de l'année, quand ont fleuri des listes concernant la musique de la décennie 2000. Apparaissait souvent le nom de XTRMNTR, album de Primal Scream datant de l'année 2000 ; que je ne connais pas... Mais j'avais acheté le suivant, Evil Heat, datant de 2002.

Une sorte d'épiphanie étrange, une écoute par hasard à la Fnac, et une fascination étrange pour cette musique surprenante. Surgissement de guitares, rythmiques électroniques, flots planants de synthétiseur : tout un territoire inconnu pour quelqu'un branché sur le rock classique de U2 ou d'AC/DC. Je ne l'ai pas acheté le jour même, même si je l'ai pas mal écouté dans le magasin. Mais le souvenir m'a travaillé, et je suis retourné à la Fnac une quinzaine de jours plus tard : j'avais acheté mon premier disque électronique.

Depuis, mes oreilles électroniques ont mûri, explorant la French Touch, osant un pied dans l'Electro minimal allemande, ressortant quelques tubes Big Beat, levant récemment le voile sur le dubstep anglais. Mais quelques morceaux d'Evil Heat me touchent toujours, sans lassitude, même 8 ans après ; cette musique a beaucoup moins vieilli que la vidéo qui l'illustre.

15 janvier 2010

La Superbe, toujours magnifique, même dans un hangar

La Superbe
par Benjamin Biolay (2009)

La patine des vieilles industries résonne sombre dans mes oreilles, architecture toujours capable de m'hypnotiser. La friche industrielle, l'écho des vieilles révolutions et d'efforts anciens, un passé s'efface et laisse encore une trace dans quelques rues lointaines, anciens faubourgs souvent accolés aux centres villes par l'extension urbaine. Une sorte de grandeur & démesure résonne, oui, résonne, attirait mes photos lors de mes promenades de la Ruhr et capte encore mon attention, une poésie désuète et encore forte.

Tuyaux et immenses hangars et échafaudages immenses des industries sidérurgiques, fumant et brillant encore dans la nuit, dans le creux de Duisburg, du port de Dunkerque ou dans l'Est de Montréal. Les mêmes images sur le papier contant les enquêtes de William T. Vollmann au Kazakhstant : gigantisme démodée, inévitable, toujours vivant même démodé, oeuvrant toujours derrière l'économie numérique ou les finances.

La rouille zèbre les poutres d'une usine et voici un décor poétique où me perdre, un amas de teintes mortes, sales et surprenantes, loin de toute nature, source de rapprochements. Quel joli collage que de découvrir des prises d'escalade dans les anciennes réserves à charbon : la réhabilitation industrielle en immense mise en scène surréaliste portée sur un ton désinvolte, l'air de rien, un vieil ouvrier blasé.

Un tel décor doit même pouvoir accueillir d'autres oeuvres et d'autres émotions, carrière de métal se faisant scène, comme une carrière de pierre accueille le théâtre et les jolis textes en Avignon. La poésie, la danse et la musique dans les anciennes usines Clacquesin, dans une ancienne factory pour y étendre son pouvoir de fascination, une fois mêlée à une autre source de fascination.

Et voici donc un superbe Benjamin Biolay introduisant sa magnifique chanson dans les murs d'un long hangar. Une vidéo en un unique plan séquence, caméra flottant selon les pas de Biolay et les pas de danse, les étreintes et les boucles visuelles, un fil qui ne se relâche jamais, qui reprend toujours son souffle chaque fois qu'on le croit suspendu et s'arrêtant. A la manière des strophes de "La Superbe", surgissant sans fin et renouvelant les images sur un ton délavé, les jolies surprises, des éclaboussures, des raies de lumières éblouissantes passant par une verrière déglinguée qui a beaucoup vécu.