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24 octobre 2010

Machete, Rodriguez' love for cheap action movie

Machete 
de Robert Rodriguez, avec Danny Trejo, Robert De Niro, Jessica Alba, Steven Seagal, Michelle Rodriguez, Jeff Fahey (2010)



'If you hire Machete to kill the bad guys, you'd better be sure the bad guys is not you"

Ce genre de phrases chocs parsemaient la fausse bande annonce de Machete en 2007, incluse dans le programme Grindhouse bidouille par Robert Rodriguez et Quentin Tarantino. Le programme Grindhouse se présentait comment un double bill façon cinéma de série Z, avec le fascinant Deathproof de Tarantino, le délirant Planet Terror de Rodriguez, et une ribambelle de fausses bandes annonces. Machete en faisait partie, film de vengeance conduit par un mexicain maniant l'arme blanche, promettant embrouille politique, grosse baston, filles nues, explosions. Le tout avec un profond humour parodique.
Les fans d'action vintage se sont rejouis d'une telle folie, le buzz a pris, et voici finalement une vraie version de Machete dans nos salles de cinéma, les vraies, pas celles de serie Z ou B.

Machete-le-film reprend le programme promis par Machete-la-bande-annonce. Machete, policier mexicain, se voit forcé de quitter le Mexique apres une machination d'un baron de la drogue, et sa femme & fille sont tuées dans la manoeuvre. L'épais mais invicible Machete doit survivre comme travailleur illégal au Texas. C'est là qu'il est contacte par un politicien, afin d'éliminer le senateur du Texas, ardent partisan d'une ligne ultra-ferme contre les immigres. Mais il s'agit en fait d'une manipulation afin de rendre le senateur plus populaire...

La scène d'ouverture du film répond parfaitement au cahier des charges promis par la bande annonce, machination illisible et grossière, noyée dans un scénario peu clair, action sanglante aux effet speciaux artisanaux, filles nus. En route ! On se demande juste si le film va tenir la route...

Et pas totalement, en fait. Le petit buzz autour de Machete a permis d’épaissir le casting, en plus de la magnifique gueule cassée de Danny Trejo, on a droit a Steven Seagal mais aussi Robert De Niro en politicien xénophobe. Voilà qui rend les choses plus sérieuses, et le film tente de placer la vengeance sanglante dans un contexte de peur de l'immigration, de lutte entre extrême droite texane et réseaux de résistance mexicaine. Le tout est assez brouillon, comme on pouvait s'y attendre, mais presque un peu trop premier degrés : c'est stupide, c'est gros, mais on ne sent par forcement l'outrance folle, bête et méchante de la bande annonce. Ca tue, ça combine, ça mélange les personnages en tout sens, mais ce n'est pas aussi fascinant que les deux longs métrages Grindhouse.
Peut-être cela tient-il a la modeste stylisation du film. On sent bien l'empreinte des films d'action fauchés des années 70-80, mais presque comme refait à l'identique, sans les trucs idiots de Grindhouse, fausses poussières sur la pellicule, musique au lourd synthétiseur, mauvais montages, incohérence. Machete est finalement presque sobre dans sa bêtise, pour deux raisons peut-être. Il ne faut pas oublier que Grindhouse a été un bide au box office américain, sachant qu'il n'est pas facile de drainer un très large public pour aller voir des faux films pourris dans des salles modernes. Mais on peut aussi penser que l'effet de surprise est passé. Les hommages / parodies de films fauches n'ont pas manqués ces dernières années, dans la foulée de Grindhouse, que ce la blackspoitation de Black Dynamite ou même le petit budget vengeur de Kick-Ass, à l'esprit proche d'un film d'action a deux balles. Machete est distrayant, stupide et fou, mais sans vraiment offrir d'immense surprise, sans vraiment mener le genre "brodons sur les B-movie des 70" plus loin : pas de dialogues fous a la Deathproof, pas de raccords avec le monde des super-héros modernes façon Kick-Ass.

On en vient même a regretter les ellipses de la bande annonce, sachant que les scènes les plus marquantes du long métrage sont des gimmicks issues de la bande annonce. On peut bien retenir quelques jolis délires ajoutés, comme le discours du sénateur De Niro ou la crucifixion du prêtre vengeur. Mais rien d’immensément surprenant. Le film est fun, distrayant, mais correspond bien a ces modeles finalement : un divertissement honnête pour une soirée video.



"Machete" - Bande annonce issue du film de "Grindouse"

26 septembre 2010

Stupid songs you cannot stop - A playlist

   PLAYLIST  -  STUPID REPETITIVE SONGS YOU CANNOT STOP LISTENING TO


Il y a quelques jours, je suis tombé sur ce morceau, l'un des plus stupides qui existe :



Das Racist, trio rap de Brooklyn, y offre un texte minimal terriblement crétin, qui tient en trois phrases :
     "I'm at the Pizza Hut"
     "I'm at the Taco Bell"
     "I'm at the combination of Pizza Hut and Taco Bell"

Les deux enseignes appartiennent au même groupe : aux Etats-Unis, on trouve des établissements groupés, les Combinations. Les deux MCs se sont donnés rendez-vous dans un de ces combinations, mais ne parviennent pas à se retrouver. D'où le dialogue absurde et répétitif par téléphone portable interposé - et le titre du morceau : "Combination Pizza Hut and Taco Bell"...

Critique de la société de consommation et de la malbouffe ou stupidité crasse, difficile de trancher à l'écoute du titre seul. Le titre est sorti en dans la première moitié 2009 et est devenu une sorte de petit tube débile, grâce à son côté inarrêtable : une fois lancé, impossible de ne pas reprendre les échanges bébêtes et d'appuyer sur repeat... Mais les Das Racist ne sont pas les hommes d'un seul tube stupides : leurs récentes mix tape avec les meilleurs producteurs hip hop font doucement monter le buzz et laissent espérer des titres plus travaillés, avec le même type d'ironie.

Mais cet exemple stupide, minimal et entêtant m'a donné envie de trouver quelques exemples équivalents. Des morceaux cons tenant en deux ou trois phrases. Première tentative de playlist en une demi-douzaine de titres...
  • DEVO   -   Praying Hands   -   1978
Devo, groupe post-punk new wave chantre de la dé-évolution : l'humanité devient de plus en plus stupide. Chapeau en plastique, uniformes colorés, morceaux répétitifs, paroles vaguement bêtes : voilà qui correspond bien à nos critère. Comme avec ce morceau tiré de leur premier album : "You've got your left hand, you've got right hand, you've got both hands"...


  • The Fall   -   Industrial Estate   -   1979
The Fall, punk de Manchester (avant de devenir bien d'autres choses en une si longue carrière). Mark E. Smith geule, va vite, balance des commentaires sur la société. Et parfois droit au but : 1:30 de chanson ici, avec pour seul refrain repris encore et encore :"Ya Ya Industrial Estate".


  • Fatboy Slim   -   Slash Dot   -  2004
La bulle avait déjà éclaté depuis quelques années - j'aurais cru le morceau plus proche de l'an 2000... Mais Fatboy Slim lancé les machines à fond, et répéter sans fin "Slash Dot Dash Dot Slah Dot Com". Hymne peut-être un peu paresseux dans son écriture, mais toujours hyperactif, un hymne pour la société Internet, et ce bien avant Twitter ou Facebook.


  • Matthieu Boogaerts   -   Jambe   -   2008
Sur l'album I Love You, Matthieu Boogaerts tisse des petits morceaux de 2 ou 3 minutes, portés par son jeu de batterie impeccable et ses mélodies rigolotes. Et par des textes presque simplets, des sortes de comptines un peu ridicules mais touchantes : "Danse, Danse, Danse avec ta jambe parce que c'est gai". Plus poétique que Das Racist, c'est certain...


  • Riva Starr   - I was Drunk (feat Nôze)   -   2009
Riva Starr, c'est un grand nom de la House que je découvre. Mais Nôze, qui se charge des voix ici, c'est du connu niveau tubes bêtes : sur leur album Songs on the Rocks de 2008, on trouvait de jolies bêtises, comme "L'inconnu du placard" ("Quand je te vois le matin, mon amour, tout les jours, je vois Duvin, qui décampe, qui décampe..."). Ici, on vole à nouveau très haut, avec un superbe accent français débile : "Yesterday / I was drunk / with some chick / in the bar / I don't  remember / Who came back with me".


  • Mr Oizo   -   Sucer Danser   -   2009
Mr Oizo s'y connaît en bêtise et en humour décalé - ses films portent haut l'absurde, tels Steak ou le futur Rubber, histoire d'un pneu serial-killer... Mais en musicien électronique, la plupart de ces morceaux sont instrumentaux, sans paroles. Pourtant, quelques-uns savent repousser les limites de la répétition, comme cet étrange Sucer Danser, inédit non publié...



  • Philippe Katerine   -   Bla Bla Bla   -   2010
Philippe Katerine a toujours été connu pour ses chansons absurdes et vaguement dada. Son dernier album, tout récemment sorti, semble offrir quelques jolis blocs monolithiques et bêtes et joyeux.



   to be continued (hopefuly)...